RDC-INGA-3:BPH Billinton se retire
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- Publicado el Lunes, 20 Febrero 2012 11:41
De tous les chantiers du chef de l'Etat, l'électricité aura été le moins performant. Les acteurs appelés à matérialiser la vision de Joseph Kabila ont péché par excès d'affairisme et la recherche effrénée du gain personnel.
Jusque-là, aucun communiqué officiel du N°1 mondial de l'aluminium n'est publié pour confirmer l'information. Toutefois, nos sources sont formelles : «Les autorités congolaises sont informées par voie de courrier».
Tous les efforts entrepris pour entrer en contact avec ce dossier se sont révélés vains. L'affaire revêt une telle importance qu'il serait contreproductif de ne point la porter à la place publique en vue d'en connaitre davantage.
Dans une correspondance adressée aux responsables de BHP Billiton, des associations de la Société civile congolaise et internationale avaient exprimé des inquiétudes sur le projet : «Dans l'un des pays les plus pauvres et les plus corrompus du monde, tout laisse à croire que cette entreprise purement commerciale ne va faire qu'accentuer la pauvreté existante.
Sans une intervention appropriée, cette entreprise privera le peuple congolais d'électricité, d'emplois et de développement». La firme aurait-elle pris en compte le cri de détresse de ces activistes au point de faire marche arrière et jeter l'éponge ? Rien n'est moins sûr.
Déjà, dans l'étude de préfaisabilité commandée par les soins de la Banque africaine de développement, l'ordre de construction d'Inga 3 et du grand Inga semble être revisité. «Des contingences, principalement techniques, poussent actuellement à privilégier la construction du Grand Inga, étape 1, plutôt qu'Inga III », note-t-on.
Sur le plan technique, les experts trouvent à redire sur le projet Inga 3. «La BAD demeure réservée sur l'option Inga III, car elle implique la construction de tunnels où le risque d'effondrement est important.
De même, le coût (7 à 8 milliards Usd) et la durée de construction (6 à 7 ans) annoncés d'Inga III dans une étude de Lavalin semblent sous-estimés. Autre inconvénient du scénario d'Inga III : le prélèvement de l'eau empruntant ses tunnels pourrait priver le Grand Inga d'un potentiel de 1 500 MW».
A côté, il y a bien d'autres raisons qui poussent à un changement de perception de la situation. Il s'agit de l'incapacité managériale de l'opérateur public de l'électricité de la RDC. Aussi, les experts sont-ils tous d'accord sur ce point.
«Le schéma que semblait privilégier le gouvernement congolais, consistant à fournir 2 000 MW à BHP Billiton et le reste (1 000 à 2 000 MW) aux miniers du Katanga et à Kinshasa, se heurte à la capacité de recouvrement des factures de fourniture d'électricité par la SNEL.
La BAD semble privilégier l'hypothèse d'une centrale à vocation largement exportatrice, comme en témoigne sa recommandation d'une étude de faisabilité sur les interconnexions vers l'Afrique australe».
L'ombre de Westcor
Face à ce tableau peu rassurant, l'Etat congolais risque d'être obligé de revenir à la table des négociations avec ses partenaires de Westcor. Malheureusement, lors des pourparlers, la RDC se présenterait en position de faiblesse, diminuée par ce faux bond de BHP Billiton, s'il se vérifiait que la firme australienne abandonne le projet.
La partie congolaise aurait des solutions de rechange, à savoir une autre version d'Inga 3. Les experts indiquent : «Les ingénieurs de la Société nationale d'électricité (SNEL) congolaise privilégient désormais un projet intitulé "Inga III à ciel ouvert". Ce dernier est une version basse (4 000 MW) du projet de la première phase du Grand Inga (39 000 MW).
Ce scénario semble de plus en plus probable, à tel point que l'australien BHP Billiton - seul à avoir signé avec le gouvernement congolais un protocole d'accord pour la fourniture de 1 600 à 2 000 MW sur Inga III - et les trois développeurs retenus ont commencé à poser des questions à son sujet fin 2011 à la Banque africaine de développement (BAD) et aux ingénieurs du consortium Aecom-RSW-Electricité de France, qui planchent sur l'étude du développement du site du Grand Inga».
Sans BHP Billiton, Inga 3 ne sera pas construit avant plusieurs années sous le leadership de la RDC.
Par Bienvenue Marie Bakumanya,15 février 2012
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