Après le Coltan - Ruée vers le niobium : guerre par procuration entre Krall Metal Congo et Somikivu. La paix dans la partie Est de la RDC demeure encore incertaine.
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- Publicado el Sábado, 11 Febrero 2012 08:03
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Après le Coltan - Ruée vers le niobium : guerre par procuration entre Krall Metal Congo et Somikivu. La paix dans la partie Est de la RDC demeure encore incertaine.
Et pour cause. La présence dans cette zone des minerais hautement stratégiques dans l'industrie Hi-Tech. Après le coltan, c'est maintenant la ruée vers le niobium, un minerai pour lequel la société Krall Metal Congo de l'Autrichien Michael Krall et Somikivu, entreprise d'économie mixte détenue à 20% par l'Etat congolais, se livrent à une farouche guerre qui a fini par opposer le gouvernement au Parquet général de la République.
Après la guerre du coltan qui mine encore la partie Est de la RDC, une autre bataille minière est en gestation dans cette partie Est de la RDC. Elle porte sur le niobium.
A en croire Africa mining intelligence, un site spécialisé dans les mines, la société Krall Metal Congo, de l'Autrichien Michael Krall, et la Société minière du Kivu (Somikivu) se livrent à une guerre par procuration pour le contrôle de la mine de pyrochlore (niobium) de Lueshe, au Nord-Kivu. La Somikivu est détenue par l'État congolais (20%), par l'Allemand Gesellschaft für Elektrometallurgie (70%) et par Kluchevsky Ferro-Alloy Plant (10%), filiale du groupe russe RosSpetsSplav. Résultat : l'exploitation, qui serait actuellement détenue par la Somikivu, à la recherche d'investisseurs, est totalement à l'arrêt.
C'est ce qui ressort d'un rapport finalisé par des experts de l'ONU fin décembre. De plus, Krall Metal Congo et Somikivu ne se contentent pas de mener bataille depuis plusieurs années devant les tribunaux pour obtenir les droits d'exploitation. Les deux sociétés s'affrontent aussi par hommes politiques interposés. Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, soutient la Somikivu, de même que le procureur général de la République (PGR) Flory Kabange.
En revanche, le vice-gouverneur du Nord-Kivu appuie Krall Metal Congo. Dans cette saga minière, les militaires jouent aussi un rôle de premier plan, de même divers groupes armés disséminés dans cette partie du territoire national.
La confusion est donc totale sur le niobium du Nord-Kivu. Le gouvernement devait donc intervenir en toute urgence pour couper court au litige qui entoure l'exploitation de ce minerai. Malheureusement, entre le pouvoir exécutif (gouvernement) et le pouvoir judiciaire, les violons sont loin de s'accorder autour de ce dossier. Il faut craindre un enlisement - si ce n'est pas déjà le cas.
Genèse du conflit
Ce conflit qui oppose la Somikivu à Krall Metal Congo couve depuis 2003. Krall Metal qui réclame le droit de propriété sur la mine de niobium dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu s'appuie sur une convention minière qu'elle avait conclue avec la RDC en 1999. Pourtant, des sources proches des ministères des Mines et du Portefeuille attestent que cette convention est tombée caduque depuis 2002, avec l'événement du Code minier, plus précisément en vertu de son article 337, alinéa 4, pouvait-on lire dans le mémorandum de Somikivu adressé au ministre de la Justice d'alors.
Avec cet argument, Somikivu s'est fait le devoir de poursuivre l'exploitation des usines de Lueshe afin de permettre à la RDC de rejoindre le cercle fermé de rares producteurs du niobium à travers la planète. Ces producteurs se comptent sur les bouts de doigts.
Alors que le gouvernement semblait prendre la défense de la Somikivu, coup de théâtre au Parquet général de la République où le procureur s'est rangé du côté de Krall Metal, lui reconnaissant le droit de jouir de la mine de Lueshe. Ainsi, en octobre 2008, le procureur général de la République de l'époque avait constitué «Krall Metal Congo» gardienne des mines de niobium de Lueshe qui faisait l'objet d'une saisie au parquet du lieu - position que continue d'ailleurs à défendre son successeur.
Voilà le contour du contentieux minier autour duquel les deux maillons de l'Etat (gouvernement et appareil judiciaire) tardent à se mettre d'abord, empêchant ainsi à la RDC de rejoindre le cercle fermé des producteurs de niobium dominé à 80% par le Brésil. Ce pays détient près de 80% de la production mondiale, suivi de très loin par le Canada.
Un mot sur le niobium
Le niobium fait partie des métaux les plus utilisés au monde, et le Brésil possède une grande partie des réserves mondiales de ce minerai. Toutefois, son exploitation soulève des questions quant à ce qu'il rapporte aux entreprises privée et aux établissements publics au Brésil.
L'utilisation la plus importante du niobium se fait dans la composition des alliages, afin de donner des propriétés supérieures aux aciers, en particulier aux aciers à haute résistance et faiblement alliés utilisés dans la fabrication d'automobiles et de conduites de gaz à haute pression.
Ce métal ductile, de symbole Nb et de numéro atomique 41, présente une excellente résistance. On peut également le rencontrer dans les turbines des avions à réaction, ainsi que dans les constructions navales et les conduites de grand diamètre employées dans les travaux publics. En raison de son exploitation et de son utilisation croissante au cours de dernières années, son prix a également varié.
Par Faustin Kuediasala
Le Potentiel/09/02/2012
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