Kabila devant un choix judicieux
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- Publicado el Sábado, 11 Febrero 2012 07:59
On se rapproche des moments décisifs autour de la désignation du futur Premier ministre avant la mise en place du gouvernement. Les supputations vont train et la liste des noms des «primaturables» commence à s'allonger. Mais d'aucuns diraient, les portes restent ouvertes. Même pour un technocrate, plaçant Kabila devant un choix judicieux.
La dernière rumeur est partie de dernières observations pertinentes des partenaires extérieurs sur le déroulement du processus électoral et de l'avenir de la coopération entre la République démocratique du Congo et ses partenaires. Particulièrement les partenaires traditionnels.
Il est évident que tous, de façon quasi unanime, n'ont pas été tendres envers la CENI, qualifiant ce processus électoral de vicié, entaché de graves irrégularités. Ce qui pourrait avoir des incidences sur l'avenir de la coopération bilatérale et multilatérale entre la RDC et ses principaux partenaires. Toutefois, ces mêmes partenaires se veulent pragmatiques. Ils laissent les portes ouvertes. Mais ils n'écartent point la possibilité de poser des préalables : «Sans un engagement fort du gouvernement de la RDC envers la démocratie et les droits de l'Homme, peu de choses durables sont possibles», avait indiqué un diplomate américain qui venait d'assister à l'audition de Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine devant la commission sénatoriale en charge des relations extérieures.
Et comme pour relayer cette idée principale, dans les capitales occidentales, on s'attend à ce que le président de la République Joseph Kabila choisisse «un Premier ministre capable d'apaiser les tensions». Par tension, il y a lieu d'entendre cette crise politique qui ne dit pas encore son nom entre Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi. Sur ce point, on invite la classe politique à un dialogue, à des négociations même au sein des institutions de la République. L'envoyé spécial de l'Union européenne pour la région des Grands Lacs a été clair à ce sujet.
Eviter la guerre de clans
Par tension, il faut également prendre en compte la réalité qui existe au sein du camp Kabila. Certes, ce camp détient la Majorité parlementaire, absolue avec plus de 300 députés. Mais toujours est-il qu'aucun de grands partis dominant ce camp ne dispose d'un nombre de députés confortant pour rassurer une motion de censure ou de défiance. Tenez.
Le PPRD compte 63 députés. Il n'a pas la majorité. Et même si on lui ajoutait les députés du PPPD, il n'atteindrait même pas le nombre de 100. Il lui faut l'appui nécessaire et indispensable du MSR, ARC, PALU, AFDC. Il y a là une évidence qu'il faudra absolument gérer pour éviter de susciter la guerre de clans. Une guerre aux conséquences néfastes dans la mesure où elle pourrait prendre en otage le président de la République et toute la Mouvance présidentielle. Quand on sait que cette nouvelle Assemblée nationale est dominée par le camp Kabila, toute l'activité parlementaire risquerait d'être frappée d'ankylose.
Il y a également cette tendance du chef de l'Etat à disposer d'un gouvernement d'ouverture en travaillant avec des compétences ayant la passion du pays. Cela veut dire tout simplement que le chef de l'Etat aimerait bien que des compétences de l'Opposition fassent partie du gouvernement que d'autres qualifient déjà de «gouvernement de cohésion nationale». Pour ce faire, il faudrait un Premier ministre qui partagerait la même vision des choses avec le président de la République pour éviter cette guerre de clans et accepter les gens de l'Opposition au sein du futur gouvernement. C'est-à-dire, un Premier ministre qui serait au–dessus de la mêlée afin de mieux gérer les urgences de l'Etat et non se perdre en conjectures, en cherchant à tempérer les ardeurs des «chefs de clans».
Le souhait de Cohen
Commentant toujours le déroulement de dernières élections, Herman Cohen, ancien sous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, avait également émis les mêmes observations. Toutefois, le souhait de Cohen était de voir Joseph Kabila demeurer président de la République. Mais il devrait avoir ce courage politique de remettre de l'ordre dans son entourage. En termes clairs, J. Kabila devait précisément se débarrasser de ses collaborateurs fortement corrompus. En plus des décisions importantes à prendre dans plusieurs secteurs de la vie nationale, notamment en ce qui concerne la revisitation des contrats miniers.
Autant d'éléments à prendre en compte dans la désignation du futur Premier ministre. Certes, ce dernier sortira de la Majorité parlementaire. Mais cette même majorité parlementaire, au regard de l'exception que l'on vient de soulever, et sous l'impulsion du chef de l'Etat en sa qualité «d'Autorité morale», il ne serait pas inutile d'envisager de faire appel à un technocrate au poste de Premier ministre. Quitte à lui faire des recommandations sur le paysage politique afin qu'il en tienne compte dans le choix des compétences pour maintenir l'équilibre géopolitique. L'essentiel est que le choix soit judicieux.
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