Revue de la presse congolaise de ce mardi 7/2/12
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- Publicado el Miércoles, 08 Febrero 2012 08:56
Ayant désormais un Président, sans se soucier de choses aussi triviales que de connaître
la vérité des urnes, et une « majorité à l'Assemblée nationale », sans s'arrêter au
caractère cafouilleux du scrutin qui a engendré un contentieux très important, les
gouvernants sortants tiennent à tout prix à poursuivre leur petit bonhomme de chemin,
comme si de rien n'était. « Le chien aboie et la caravane passe », comme disait Mobutu.
Apparemment, la caravane peut même écraser le chien sans que cela émeuve outre-
mesure ! Dans ce cheminement, il y a la convocation de l'Assemblée nationale car la paie
des « députés mal élus », le goût du pouvoir et des honneurs pourraient constituer des
appâts pour ceux de l'Opposition (élus dans les mêmes conditions que les autres). Il y a
aussi les grandes manœuvres politiques qui commencent autour des nominations à la
tête du gouvernement et de l'Assemblée nationale. Les supputations vont bon train dans
les colonnes de journaux paraissant à Kinshasa sur le futur locataire de l'Hôtel du
gouvernement. Plusieurs personnalités voient leur leadership renforcé après les élections
du 28 novembre. Evariste Boshab, Aubin Minaku, Pierre Lumbi, Jean-Claude Masangu ou
Gabriel Kyungu pourraient se voir confier des rôles de premier plan.
Des nouvelles viennent aussi des provinces, en l'occurrence celles des Kivu.
La situation
Afrikarabia en dresse le tableau suivant : « La Commission électorale congolaise
(CENI) a publié récemment les résultats provisoires de la nouvelle Assemblée nationale.
La coalition construite autour de la majorité présidentielle de Joseph Kabila, remporte
une majorité de sièges : environ 341 contre seulement 119 pour les différents partis
d'opposition. Mais la grande leçon du scrutin (outre les nombreuses irrégularités, que l'on
a vite oublié !) repose sur l'éclatement de l'Assemblée nationale en une multitude de
petits partis (au moins 94 !). Tous les grands partis ont vu leurs nombres de sièges se
réduire, majorité comme opposition. Résultat : le président Kabila se trouve dans
l'obligation de gouverner avec une coalition PPRD, PPPD, MSR, PALU, ARC, AFDC...
Au lendemain des résultats des législatives, le temps des nominations a donc
commencé... avec ses grandes manœuvres en coulisse. Joseph Kabila doit prochainement
nommer un nouveau Premier ministre et un nouveau Président de l'Assemblée nationale
doit également être désigné par la chambre. Reste ensuite la répartition des postes
ministériels et des bureaux à l'Assemblée et au Sénat pour faire plaisir aux différents
alliés de la Majorité présidentielle... et ils sont nombreux ».
(Cette description se base sur l'hypothèse que la manœuvre va réussir entièrement, que
l'on va « oublier les irrégularités », que la coalition PPRD, PPPD, MSR, PALU, ARC, AFDC,
etc..., etc... pourra non seulement tenir mais, même, simplement se constituer, que
Kabila, que plus personne n'a vu depuis le 5 janvier, va reparaître. Cela fait beaucoup de
« si », et, surtout, cela ne tient aucun compte de l'existence d'un considérable
contentieux électoral. NdlR)
Radio Okapi constate : « Un engouement est observé à la Cour suprême de justice
(CSJ), ce lundi 6 février, à quatre jours de la fin du délai de dépôt des recours en
contestations des résultats des élections législatives. La greffe de cette Cour a déjà
publié les recours d'une centaine de requérants. Le président et porte-parole de la haute
cour, Me Funga Molinga, a déclaré que cette juridiction ne connaîtra pas de problème
d'effectif pour le traitement des dossiers ».
Dans certaines circonscriptions électorales, a constaté un reporter de Radio Okapi, ce
sont les victoires de tous les candidats déclarés gagnants qui sont contestées. Il s'agit
notamment de la circonscription d'Ilebo dans le Kasaï-Occidental. A Kalemie, dans le nord
du Katanga, une dizaine de requérants remettent en cause la victoire de trois candidats
sur les quatre élus. Dans d'autres circonscriptions, des candidats contestent la victoire de
leurs colistiers. A Bokungu dans la province de l'Equateur, par exemple, Lompongo
Yambe du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) conteste l'élection de Lomanga
Jean Robert du même parti. Même cas à Kalemie, Joseph Kakuli du PPRD conteste
l'élection de son colistier Luhonge Kabinda Ngoy.
L'UDPS n'a encore introduit aucun recours. Mais l'élection de certains de ses élus est
aussi contestée. Etienne Tshisekedi, qui se considère comme le vainqueur de l'élection
présidentielle, avait annoncé l'annulation des élections législatives.
Sur le plan pratique, on se heurte à des problèmes de locaux. En ce qui concerne les
audiences, Funga Molinga a affirmé qu'avec la nomination de dix-sept nouveaux
magistrats en octobre 2011, son institution ne connaîtra pas de problème d'effectif pour
le traitement des recours. Il s'est plaint, cependant, de l'insuffisance des salles
d'audience. La haute cour n'en compte que deux et envisage délocaliser certaines
audiences à la Cour d'appel de la Gombe notamment.
La CENI a transmis, jeudi 2 février, les premiers plis de résultats des élections
législatives de toutes les provinces de la RDC à la CSJ. Il s'agissait des fiches et procès-
verbaux des CLCR. Pour les résultats publiés mercredi 1er février, le délai de dépôt des
recours de huit jours prévus à l'article 73 de la loi électorale court jusqu'au 10 février.
Selon l'article 74 de la loi électorale, la Cour suprême dispose de deux mois pour
proclamer les résultats définitifs des législatives.
Sans parler de tous les autres facteurs de précarité, la présence de ce vaste contentieux
donne à la « future Assemblée » une étrange physionomie susceptible de nombreuses
modifications. Cette « Chambre à géométrie variable » présente des contours mouvants,
assez semblables à ceux d'un bloc de pudding qui tremble à la moindre vibration.
Acceptons l'hypothèse de la formation rapide d'un gouvernement, ce qui mettrait aussi
fin aux spéculations sur un JKK mort, malade ou réduit à l'état de légume, puisqu'il devra
obligatoirement sortir de sa réserve pour consulter et nommer. La grande ambition du
PPRD à Kisangani : un « Etat PPRD » avec JKK Président et la majorité absolue à lui seul
est un rêve impossible.
Pour le poste de Premier ministre, JKK semble être réduit à un double choix : nommer un
homme issu d'un parti de la coalition, comme l'est l'actuel Premier ministre Adolphe
Muzito, membre du Palu ou nommer un homme du PPRD, le parti présidentiel, qui est
arrivé en tête avec 62 petits sièges. L'option de désigner un membre d'un parti "allié"
serait dans la logique et le choix pourrait alors se porter sur Pierre Lumbi du MSR qui a
réalisé un très bon score (27 sièges), coiffant un Palu sur le déclin (19 sièges). Mais à
Kinshasa, le candidat qui a le vent en poupe est Evariste Boshab, le patron du PPRD. Si le
parti présidentiel a perdu plus de 49 sièges entre 2006 et 2011, Kabila ne semble pas se
résoudre à devenir l'otage de ses alliés, comme ce fut le cas avec le PALU d'Antoine
Gizenga et d'Adolphe Muzito. Joseph Kabila pourrait donc s'affirmer en nommant un
Premier ministre issu de son propre parti.
Le PPRD est aussi donné gagnant à la tête de l'Assemblée nationale. Le nom d'Aubin
Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle, est le plus souvent cité.
Responsable de la plate-forme politique soutenant Joseph Kabila, Aubin Minaku était à la
manœuvre pour organiser les préparatifs des législatives et est également monter au
créneau pour défendre les résultats de la présidentielle et des législatives, très contestés
par de nombreuses irrégularités. "Je les mets au défi de prouver que la tricherie était
planifiée", avait affirmé Aubin Minaku.
Comme en Belgique où, dans les équilibres gouvernementaux il faut tenir compte non
seulement d'un dosage politique mais aussi d'un dosage communautaire, il faut aussi, au
Congo, veiller à un certain équilibre ethnico-régional. Or, les partis ont eux aussi des
connotations de ce genre, et c'est surtout au Katanga que le PPRD fait de bons scores.
L'entourage de JKK, parfois décrit cmme « gouvernement parallèle » est aussi surnommé
« le cercle katangais ». Un choix PPRD pourrait donc avoir des airs de « Katanga
Power ».
Si la primature venait à lui échapper, Pierre Lumbi devrait se retrouver à un poste clé du
prochain dispositif gouvernemental du président Kabila. Le très puissant ministre d'Etat
en charge des Infrastructures et de la Reconstruction du gouvernement Gizenga est
aujourd'hui le très influent conseiller spécial du Chef de l'Etat en charge de la sécurité. Il
a notamment mis en place les fameux contrats de partenariat entre la Chine et la RDC.
Avec ses 27 sièges aux législatives de novembre, Pierre Lumbi a réussi à rendre son
parti, le Mouvement social pour le renouveau (MSR), incontournable à la Majorité
présidentielle... et à Kabila.
Trois autres hommes forts se sont également distingués lors des dernières élections. Ils
viennent tous les trois du Katanga, la province qui a "élu" Joseph Kabila avec des scores
records (et douteux)... certains atteignant les 100% ! Il s'agit du conseiller de l'ombre du
Président congolais, Augustin Katumba Mwanke, de Gabriel Kyungu, le patron de
l'UNAFEC de Lumbumbashi et de Jean-Claude Masangu, le gouverneur de la Banque
centrale du Congo. Augustin Katumba Mwanke, a été "triomphalement" réélu au
Katanga, dans sa ville natale de Pweto. L'homme le plus influent de la RDC, selon les
notes de Wikileaks, qui décrivent Katumba Mwanke comme "un conseiller de l'ombre
qui est parvenu à isoler Kabila, au point qu'il nomme des personnes qui lui sont fidèles à
lui et non pas au président !". Selon l'administration américaine, Katumba Mwanke est
devenu "l'unique point d'accès au chef de l'Etat congolais, alors qu'il n'exerce pas de
fonction officielle ". Dans le nouveau mandat de Joseph Kabila, Katumba Mwanke, devrait
peut-être trouver un poste plus exposé.
Toujours à la tête de l'Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu a encore
démontré la puissance de son parti, l'UNAFEC (avec ses dérives ethnistes !). A la
présidence, on estime que les "très bons scores" de Joseph Kabila au Katanga sont, entre
autre, "l'oeuvre" de Gabriel Kyungu. Vieux routier de la politique congolaise, ancien
membre du célèbre groupe des 13 à l'origine de l'UDPS, le patron de l'Assemblée
provinciale, pourrait jouer un rôle important à Kinshasa. (Il faut ependant mettre un
bémol à cette affiration : l'UNAFEC n'a obtenu que 6 siéges sur les 60 qui reviennent au
Katanga, ce qui est faible. D'autre part, un populiste qui base sa carrère sur la défese de
la « katanganéité », la défense des « vrais katangas » et les pogromes anti-kasaïens
trouvera-t-il vraiment intéressant de s'écarter du terrain de ses contestables exploits ?
NdlR)
Le dernier homme en vu sur l'échiquier politique congolais, est le gouverneur de la
Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu. Cet économiste renommé est à la tête
de la Banque centrale depuis maintenant 15 ans. Artisan de la victoire de Joseph Kabila
au Katanga (encore), Jean-Claude Masangu pourrait lui aussi aspirer à d'autres fonctions
plus prestigieuses.
Commentaires de la presse
Seuls, Le Potentiel, par une allusion appuyée et La Tempête des tropiques, par un
article entier, reviennent encore sur les résultats provisoires des législatives. La
Tempête des tropiques titre : « l'Union européenne interpelle la Ceni et la Cour
suprême ». Ce journal rapporte que réagissant à la publication des ces résultats, l'UE
appelle la commission dirigée par Daniel Ngoy Mulunda à faire preuve de responsabilité,
et demande à la Cour suprême de Justice de traiter les contentieux électoraux avec
transparence, impartialité et rigueur.
Le Potentiel titre: « Primature : Kabila devant un choix judicieux » et note qu'on se
rapproche des moments décisifs autour de la désignation du futur Premier ministre avant
la mise en place du gouvernement. Les supputations vont train et la liste des noms des
«primaturables», note le journal, commence à s'allonger. Mais d'aucuns diraient, les
portes restent ouvertes, plaçant Kabila devant la nécessité d'un choix judicieux. Il
s'attarde sur le contexte politique actuel marqué par les critiques formulées tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur sur le processus électoral et relève qu'au regard de cette
situation, dans les capitales occidentales, on s'attend à ce que le président de la
République Joseph Kabila choisisse « un Premier ministre capable d'apaiser les
tensions ». Par tensions, précise Le Potentiel, il faut entendre cette crise politique entre
Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, crise qui nécessite un dialogue selon l'Union
européenne dont les positions sont claires à ce sujet.
Par tension, il faut également entendre le spectre de la guerre de clans au sein de la
Majorité où aucun parti ne dispose d'un nombre de députés confortable pour éviter une
motion de censure ou de défiance. Bref, pour Le Potentiel, qui rappelle le souhait émis
par un homme d'Etat américain de voir J. Kabila se débarrasser de ses collaborateurs
fortement corrompus, il faudrait un Premier ministre qui serait au-dessus de la mêlée
afin de mieux gérer les urgences de l'Etat et non se perdre en conjectures, en cherchant
à tempérer les ardeurs des « chefs de clans ». Selon ce quotidien, il ne serait pas inutile
d'envisager de faire appel à un technocrate au poste de Premier ministre. Quitte à lui
faire des recommandations sur le paysage politique afin qu'il en tienne compte dans le
choix des compétences pour maintenir l'équilibre géopolitique. « L'essentiel est que le
choix soit judicieux », conclut le journal. (Il n'est pas interdit de penser que l'insistance
sur le « technocrate » pourrait signifier que l'auteur de l'article verrait volontiers
Masangu à la Primature. NdlR)
Quant à cette Primature, Le Phare croit savoir que le futur locataire de l'Hôtel du
gouvernement devrait sortir des rangs de la famille politique du chef de l'Etat. Au PPRD,
où certains cadres estiment que l'heure est venue d'appliquer la règle de la « charité bien
ordonnée commence par soi-même », le nom le plus cité, pour la fonction de chef du
gouvernement est celui de M. Evariste Boshab. Sans compter le PALU qui revendique sa
part dans la nouvelle victoire électorale de Kabila à Kinshasa et dans le Bandundu. Son
éjection éventuelle de la Primature devrait se négocier moyennant fortes compensations
à définir par les parties.
Il y a en embuscade, le MSR dont l'Autorité morale Pierre Lumbi serait aussi demandeur
du poste de Premier ministre. Tout ceci pour dire que Kabila se trouve devant des
arbitrages déchirants.
Sous le titre « C'est lui !», assorti d'une photo de M. Aubin Minaku, Le Pari note que des
analystes dénuées de toute subjectivité soutiennent que le secrétaire général de la
Majorité présidentielle réuni des atouts solides pour être choisi informateur avec toutes
les chances d'occuper le fauteuil du Premier ministre. Le Pari signale parmi ces atouts le
leadership, la technocratie, la discrétion, la moralité, l'honnêteté, l'honorabilité, etc.
(C'est un si beau prospectus pour Minaku que l'on peut supposer qu'il a fait d'autres
cadeaux que celui de sa photo. NdlR)
Au regard de la majorité confortable qu'il détient à l'Assemblée nationale, « J. Kabila prêt
à gagner le pari de la modernité », estime L'Avenir. Ce journal, note que c'est le peuple
congolais lui-même qui a largement choisi de donner une majorité confortable au chef de
l'Etat pour légitimer sa réélection et lui permettre ainsi de poursuivre avec la
reconstruction du pays.
Le Palmarès constate qu'à quatre jours de la fin du dépôt des recours en contestations
des résultats des élections législatives à la Cour suprême de justice, l'Udps n'a encore
introduit aucun recours.
La Prospérité titre: « Nouveau gouvernement, informateur: des noms circulent déjà ! ».
Ce quotidien relève qu'il s'avère que le PPRD, le parti présidentiel, demeure la première
force de la Majorité présidentielle, suivi du MSR et de beaucoup d'autres. Le PALU qui,
grâce à ses 34 élus en 2006, a dirigé cinq ans durant la primature, n'a eu que 19
Députés en 2011. Toutefois, poursuit le journal, le parti d'Antoine Gizenga entend jouer
un rôle au sein du prochain gouvernement, revendiquant le raz-de-marée de voix
obtenues par Joseph Kabila dans le Bandundu. « Depuis, la bataille a commencé », note
La Prospérité qui s'interroge : « Qui dirigera la primature ? »
Les plus courageux s'expriment déjà, à l'instar de Tryphon Kin-Kiey Mulumba qui, se
portant lui-même candidat pense qu'en principe, le Premier Ministre devra provenir soit
du Katanga, du Bandundu, du Maniema ou encore de la Province Orientale où Kabila a
été massivement élu. Certains citent Adolphe Lumanu Mulenda qui serait pressenti
informateur. D'autres encore estiment que l'heure est arrivée de récompenser les efforts
du Secrétaire général du PPRD, Evariste Boshab, qui aura été sur tous les fronts. Comme
on peut le constater, estime le quotidien, les critères seront très compliqués et parfois ne
seront pas du tout objectifs mais politiques. « Dans tous les cas, Joseph Kabila détient
jusqu'ici le dernier mot en vertu de son pouvoir discrétionnaire », conclut le journal.
Provinces
L'Observateur titre: « Nord-Kivu : des partis d'opposition demandent la réouverture de
l'assemblée provinciale ».
Le quotidien révèle que quatre partis d'opposition demandent au gouvernement congolais
de lever sans délai la décision du vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur ayant
suspendu la session extraordinaire de l'assemblée provinciale du Nord-Kivu. Ces partis
l'ont fait savoir dans un communiqué conjoint publié samedi dernier et qualifient cette
décision d'anticonstitutionnelle. Le communiqué a été signé par les responsables du Parti
libéral pour le développement (PLD), du Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD/ KML), de l'Engagement citoyen pour le développement (Ecidé) et de l'Union des
démocrates chrétiens fédéralistes (UDECF). Ils appellent l'assemblée provinciale du Nord-
Kivu à saisir la Cour suprême de justice (CSJ), si le pouvoir central ne lève pas cette
mesure.
"A la même occasion, le collectif des partis politiques d'opposition du Nord-Kivu fait appel
général à la population [locale] pour la signature d'une pétition collective qui traduit le
mécontentement de la population du Nord-Kivu et sa désapprobation face à la décision
du vice-Premier ministre ", a déclaré Me Jean-Paul Lumbulumbu, porte-parole de cette
coalition politique.
Les signataires de ce communiqué ont, par ailleurs, invité les responsables politiques "à
capitaliser la session ordinaire du 15 mars au Nord-Kivu pour solliciter l'invalidation du
mandat de certains députés provinciaux, qui, lors de la campagne électorale se sont
présentés sur les listes des partis politiques autres que ceux pour lesquels ils siègent au
sein de l'assemblée provinciale."
A l'initiative du vice-président de l'assemblée provinciale, cette session a été convoquée
le 18 janvier. Mais elle a été suspendue jusqu'à nouvel ordre, deux jours plus tard, par le
vice-Premier ministre Adolphe Lumanu. Le vice-Premier ministre et ministre de
l'Intérieur, Adolphe Lumanu, a suspendu, vendredi 20 janvier, les plénières à l'assemblée
provinciale du Nord-Kivu "jusqu'à nouvel ordre", suite à la démission de certains députés
de leurs formations politiques pour lesquelles ils ont été élus. Aussitôt la décision prise,
les éléments de la police ont quadrillé tôt le matin du lendemain la salle de plénières pour
empêcher aux députés d'y accéder. La session extraordinaire convoquée par le bureau de
l'assemblée provinciale ne s'est donc plus déroulée. Le rapporteur de l'assemblée
provinciale, Gilbert Kalinda, a appelé la mesure du ministre de l'Intérieur "un assassinat
et une régression de la démocratie". Pour lui, "les droits des députés au Nord-Kivu sont
banalisés et c'est très grave. Le droit fondamental de réunions semble être un droit de
seconde zone dans le pays". Par la suite, il s'est interrogé comment le ministre Adolphe
Lumanu s'était permis de s'attribuer les compétences de suspendre la tenue d'une
session extraordinaire d'un organe délibérant.
Au cours de cette session suspendue, les députés devraient examiner six matières,
notamment: le contrôle de la gestion financière de la province, l'ensemble de questions
importantes sur le social et la sécurité au Nord-Kivu. Dans sa décision adressée au
gouverneur de province, avec copie au président de l'assemblée province et à
l'inspecteur provincial de la police, Adolphe Lumanu appelait à une "exécution
immédiate". Dans son message officiel adressé au gouverneur de province, avec une
copie au président de l'assemblée provinciale ainsi qu'à l'inspecteur provincial de la Police
nationale congolaise (PNC), il a justifié sa décision par " le souci d'éviter le trouble à
l'ordre public ". Depuis, la salle de plénières de l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu est
restée quadrillée par des policiers.
Le Potentiel titre: « Minerais de sang, Kivu: capitale «mondiale» du viol ! »
Le quotidien constate que les projecteurs sont de nouveau focalisés sur la RDC ces
derniers mois. Les rapports des experts de l'ONU, auxquels il faudra désormais ajouter
des initiatives individuelles se multiplient et interpellent de plus en plus. Après avoir fait
allusion à des « alliances militaires inquiétantes» dans la partie Est, souligne le confrère,
voici que rebondit le dossier des viols. Avec cette publicité qui n'honore nullement l'Est,
pour ne pas dire le Kivu, qualifié de «capitale mondiale» du viol. « Opprobre à laver, défi
à relever pour les nouvelles institutions », conclut ce journal.
© CongoForum, le mardi 7 février 2012
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