Revue de la presse congolaise de ce mardi 7/2/12

Ayant désormais un Président, sans se soucier de choses aussi triviales que de connaître

la vérité des urnes, et une « majorité à l'Assemblée nationale », sans s'arrêter au

caractère cafouilleux du scrutin qui a engendré un contentieux très important, les

gouvernants sortants tiennent à tout prix à poursuivre leur petit bonhomme de chemin,

comme si de rien n'était. « Le chien aboie et la caravane passe », comme disait Mobutu.

Apparemment, la caravane peut même écraser le chien sans que cela émeuve outre-

mesure ! Dans ce cheminement, il y a la convocation de l'Assemblée nationale car la paie

des « députés mal élus », le goût du pouvoir et des honneurs pourraient constituer des

appâts pour ceux de l'Opposition (élus dans les mêmes conditions que les autres). Il y a

aussi les grandes manœuvres politiques qui commencent autour des nominations à la

tête du gouvernement et de l'Assemblée nationale. Les supputations vont bon train dans

les colonnes de journaux paraissant à Kinshasa sur le futur locataire de l'Hôtel du

gouvernement. Plusieurs personnalités voient leur leadership renforcé après les élections

du 28 novembre. Evariste Boshab, Aubin Minaku, Pierre Lumbi, Jean-Claude Masangu ou

Gabriel Kyungu pourraient se voir confier des rôles de premier plan.

Des nouvelles viennent aussi des provinces, en l'occurrence celles des Kivu.

La situation

Afrikarabia en dresse le tableau suivant : « La Commission électorale congolaise

(CENI) a publié récemment les résultats provisoires de la nouvelle Assemblée nationale.

La coalition construite autour de la majorité présidentielle de Joseph Kabila, remporte

une majorité de sièges : environ 341 contre seulement 119 pour les différents partis

d'opposition. Mais la grande leçon du scrutin (outre les nombreuses irrégularités, que l'on

a vite oublié !) repose sur l'éclatement de l'Assemblée nationale en une multitude de

petits partis (au moins 94 !). Tous les grands partis ont vu leurs nombres de sièges se

réduire, majorité comme opposition. Résultat : le président Kabila se trouve dans

l'obligation de gouverner avec une coalition PPRD, PPPD, MSR, PALU, ARC, AFDC...

Au lendemain des résultats des législatives, le temps des nominations a donc

commencé... avec ses grandes manœuvres en coulisse. Joseph Kabila doit prochainement

nommer un nouveau Premier ministre et un nouveau Président de l'Assemblée nationale

doit également être désigné par la chambre. Reste ensuite la répartition des postes

ministériels et des bureaux à l'Assemblée et au Sénat pour faire plaisir aux différents

alliés de la Majorité présidentielle... et ils sont nombreux ».

(Cette description se base sur l'hypothèse que la manœuvre va réussir entièrement, que

l'on va « oublier les irrégularités », que la coalition PPRD, PPPD, MSR, PALU, ARC, AFDC,

etc..., etc... pourra non seulement tenir mais, même, simplement se constituer, que

Kabila, que plus personne n'a vu depuis le 5 janvier, va reparaître. Cela fait beaucoup de

« si », et, surtout, cela ne tient aucun compte de l'existence d'un considérable

contentieux électoral. NdlR)

Radio Okapi constate : « Un engouement est observé à la Cour suprême de justice

(CSJ), ce lundi 6 février, à quatre jours de la fin du délai de dépôt des recours en

contestations des résultats des élections législatives. La greffe de cette Cour a déjà

publié les recours d'une centaine de requérants. Le président et porte-parole de la haute

cour, Me Funga Molinga, a déclaré que cette juridiction ne connaîtra pas de problème

d'effectif pour le traitement des dossiers ».

Dans certaines circonscriptions électorales, a constaté un reporter de Radio Okapi, ce

sont les victoires de tous les candidats déclarés gagnants qui sont contestées. Il s'agit

notamment de la circonscription d'Ilebo dans le Kasaï-Occidental. A Kalemie, dans le nord

du Katanga, une dizaine de requérants remettent en cause la victoire de trois candidats

sur les quatre élus. Dans d'autres circonscriptions, des candidats contestent la victoire de

leurs colistiers. A Bokungu dans la province de l'Equateur, par exemple, Lompongo

Yambe du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) conteste l'élection de Lomanga

Jean Robert du même parti. Même cas à Kalemie, Joseph Kakuli du PPRD conteste

l'élection de son colistier Luhonge Kabinda Ngoy.

L'UDPS n'a encore introduit aucun recours. Mais l'élection de certains de ses élus est

aussi contestée. Etienne Tshisekedi, qui se considère comme le vainqueur de l'élection

présidentielle, avait annoncé l'annulation des élections législatives.

Sur le plan pratique, on se heurte à des problèmes de locaux. En ce qui concerne les

audiences, Funga Molinga a affirmé qu'avec la nomination de dix-sept nouveaux

magistrats en octobre 2011, son institution ne connaîtra pas de problème d'effectif pour

le traitement des recours. Il s'est plaint, cependant, de l'insuffisance des salles

d'audience. La haute cour n'en compte que deux et envisage délocaliser certaines

audiences à la Cour d'appel de la Gombe notamment.

La CENI a transmis, jeudi 2 février, les premiers plis de résultats des élections

législatives de toutes les provinces de la RDC à la CSJ. Il s'agissait des fiches et procès-

verbaux des CLCR. Pour les résultats publiés mercredi 1er février, le délai de dépôt des

recours de huit jours prévus à l'article 73 de la loi électorale court jusqu'au 10 février.

Selon l'article 74 de la loi électorale, la Cour suprême dispose de deux mois pour

proclamer les résultats définitifs des législatives.

Sans parler de tous les autres facteurs de précarité, la présence de ce vaste contentieux

donne à la « future Assemblée » une étrange physionomie susceptible de nombreuses

modifications. Cette « Chambre à géométrie variable » présente des contours mouvants,

assez semblables à ceux d'un bloc de pudding qui tremble à la moindre vibration.

Acceptons l'hypothèse de la formation rapide d'un gouvernement, ce qui mettrait aussi

fin aux spéculations sur un JKK mort, malade ou réduit à l'état de légume, puisqu'il devra

obligatoirement sortir de sa réserve pour consulter et nommer. La grande ambition du

PPRD à Kisangani : un « Etat PPRD » avec JKK Président et la majorité absolue à lui seul

est un rêve impossible.

Pour le poste de Premier ministre, JKK semble être réduit à un double choix : nommer un

homme issu d'un parti de la coalition, comme l'est l'actuel Premier ministre Adolphe

Muzito, membre du Palu ou nommer un homme du PPRD, le parti présidentiel, qui est

arrivé en tête avec 62 petits sièges. L'option de désigner un membre d'un parti "allié"

serait dans la logique et le choix pourrait alors se porter sur Pierre Lumbi du MSR qui a

réalisé un très bon score (27 sièges), coiffant un Palu sur le déclin (19 sièges). Mais à

Kinshasa, le candidat qui a le vent en poupe est Evariste Boshab, le patron du PPRD. Si le

parti présidentiel a perdu plus de 49 sièges entre 2006 et 2011, Kabila ne semble pas se

résoudre à devenir l'otage de ses alliés, comme ce fut le cas avec le PALU d'Antoine

Gizenga et d'Adolphe Muzito. Joseph Kabila pourrait donc s'affirmer en nommant un

Premier ministre issu de son propre parti.

Le PPRD est aussi donné gagnant à la tête de l'Assemblée nationale. Le nom d'Aubin

Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle, est le plus souvent cité.

Responsable de la plate-forme politique soutenant Joseph Kabila, Aubin Minaku était à la

manœuvre pour organiser les préparatifs des législatives et est également monter au

créneau pour défendre les résultats de la présidentielle et des législatives, très contestés

par de nombreuses irrégularités. "Je les mets au défi de prouver que la tricherie était

planifiée", avait affirmé Aubin Minaku.

Comme en Belgique où, dans les équilibres gouvernementaux il faut tenir compte non

seulement d'un dosage politique mais aussi d'un dosage communautaire, il faut aussi, au

Congo, veiller à un certain équilibre ethnico-régional. Or, les partis ont eux aussi des

connotations de ce genre, et c'est surtout au Katanga que le PPRD fait de bons scores.

L'entourage de JKK, parfois décrit cmme « gouvernement parallèle » est aussi surnommé

« le cercle katangais ». Un choix PPRD pourrait donc avoir des airs de « Katanga

Power ».

Si la primature venait à lui échapper, Pierre Lumbi devrait se retrouver à un poste clé du

prochain dispositif gouvernemental du président Kabila. Le très puissant ministre d'Etat

en charge des Infrastructures et de la Reconstruction du gouvernement Gizenga est

aujourd'hui le très influent conseiller spécial du Chef de l'Etat en charge de la sécurité. Il

a notamment mis en place les fameux contrats de partenariat entre la Chine et la RDC.

Avec ses 27 sièges aux législatives de novembre, Pierre Lumbi a réussi à rendre son

parti, le Mouvement social pour le renouveau (MSR), incontournable à la Majorité

présidentielle... et à Kabila.

Trois autres hommes forts se sont également distingués lors des dernières élections. Ils

viennent tous les trois du Katanga, la province qui a "élu" Joseph Kabila avec des scores

records (et douteux)... certains atteignant les 100% ! Il s'agit du conseiller de l'ombre du

Président congolais, Augustin Katumba Mwanke, de Gabriel Kyungu, le patron de

l'UNAFEC de Lumbumbashi et de Jean-Claude Masangu, le gouverneur de la Banque

centrale du Congo. Augustin Katumba Mwanke, a été "triomphalement" réélu au

Katanga, dans sa ville natale de Pweto. L'homme le plus influent de la RDC, selon les

notes de Wikileaks, qui décrivent Katumba Mwanke comme "un conseiller de l'ombre

qui est parvenu à isoler Kabila, au point qu'il nomme des personnes qui lui sont fidèles à

lui et non pas au président !". Selon l'administration américaine, Katumba Mwanke est

devenu "l'unique point d'accès au chef de l'Etat congolais, alors qu'il n'exerce pas de

fonction officielle ". Dans le nouveau mandat de Joseph Kabila, Katumba Mwanke, devrait

peut-être trouver un poste plus exposé.

Toujours à la tête de l'Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu a encore

démontré la puissance de son parti, l'UNAFEC (avec ses dérives ethnistes !). A la

présidence, on estime que les "très bons scores" de Joseph Kabila au Katanga sont, entre

autre, "l'oeuvre" de Gabriel Kyungu. Vieux routier de la politique congolaise, ancien

membre du célèbre groupe des 13 à l'origine de l'UDPS, le patron de l'Assemblée

provinciale, pourrait jouer un rôle important à Kinshasa. (Il faut ependant mettre un

bémol à cette affiration : l'UNAFEC n'a obtenu que 6 siéges sur les 60 qui reviennent au

Katanga, ce qui est faible. D'autre part, un populiste qui base sa carrère sur la défese de

la « katanganéité », la défense des « vrais katangas » et les pogromes anti-kasaïens

trouvera-t-il vraiment intéressant de s'écarter du terrain de ses contestables exploits ?

NdlR)

Le dernier homme en vu sur l'échiquier politique congolais, est le gouverneur de la

Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu. Cet économiste renommé est à la tête

de la Banque centrale depuis maintenant 15 ans. Artisan de la victoire de Joseph Kabila

au Katanga (encore), Jean-Claude Masangu pourrait lui aussi aspirer à d'autres fonctions

plus prestigieuses.

Commentaires de la presse

Seuls, Le Potentiel, par une allusion appuyée et La Tempête des tropiques, par un

article entier, reviennent encore sur les résultats provisoires des législatives. La

Tempête des tropiques titre : « l'Union européenne interpelle la Ceni et la Cour

suprême ». Ce journal rapporte que réagissant à la publication des ces résultats, l'UE

appelle la commission dirigée par Daniel Ngoy Mulunda à faire preuve de responsabilité,

et demande à la Cour suprême de Justice de traiter les contentieux électoraux avec

transparence, impartialité et rigueur.

Le Potentiel titre: « Primature : Kabila devant un choix judicieux » et note qu'on se

rapproche des moments décisifs autour de la désignation du futur Premier ministre avant

la mise en place du gouvernement. Les supputations vont train et la liste des noms des

«primaturables», note le journal, commence à s'allonger. Mais d'aucuns diraient, les

portes restent ouvertes, plaçant Kabila devant la nécessité d'un choix judicieux. Il

s'attarde sur le contexte politique actuel marqué par les critiques formulées tant à

l'intérieur qu'à l'extérieur sur le processus électoral et relève qu'au regard de cette

situation, dans les capitales occidentales, on s'attend à ce que le président de la

République Joseph Kabila choisisse « un Premier ministre capable d'apaiser les

tensions ». Par tensions, précise Le Potentiel, il faut entendre cette crise politique entre

Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, crise qui nécessite un dialogue selon l'Union

européenne dont les positions sont claires à ce sujet.

Par tension, il faut également entendre le spectre de la guerre de clans au sein de la

Majorité où aucun parti ne dispose d'un nombre de députés confortable pour éviter une

motion de censure ou de défiance. Bref, pour Le Potentiel, qui rappelle le souhait émis

par un homme d'Etat américain de voir J. Kabila se débarrasser de ses collaborateurs

fortement corrompus, il faudrait un Premier ministre qui serait au-dessus de la mêlée

afin de mieux gérer les urgences de l'Etat et non se perdre en conjectures, en cherchant

à tempérer les ardeurs des « chefs de clans ». Selon ce quotidien, il ne serait pas inutile

d'envisager de faire appel à un technocrate au poste de Premier ministre. Quitte à lui

faire des recommandations sur le paysage politique afin qu'il en tienne compte dans le

choix des compétences pour maintenir l'équilibre géopolitique. « L'essentiel est que le

choix soit judicieux », conclut le journal. (Il n'est pas interdit de penser que l'insistance

sur le « technocrate » pourrait signifier que l'auteur de l'article verrait volontiers

Masangu à la Primature. NdlR)

Quant à cette Primature, Le Phare croit savoir que le futur locataire de l'Hôtel du

gouvernement devrait sortir des rangs de la famille politique du chef de l'Etat. Au PPRD,

où certains cadres estiment que l'heure est venue d'appliquer la règle de la « charité bien

ordonnée commence par soi-même », le nom le plus cité, pour la fonction de chef du

gouvernement est celui de M. Evariste Boshab. Sans compter le PALU qui revendique sa

part dans la nouvelle victoire électorale de Kabila à Kinshasa et dans le Bandundu. Son

éjection éventuelle de la Primature devrait se négocier moyennant fortes compensations

à définir par les parties.

Il y a en embuscade, le MSR dont l'Autorité morale Pierre Lumbi serait aussi demandeur

du poste de Premier ministre. Tout ceci pour dire que Kabila se trouve devant des

arbitrages déchirants.

Sous le titre « C'est lui !», assorti d'une photo de M. Aubin Minaku, Le Pari note que des

analystes dénuées de toute subjectivité soutiennent que le secrétaire général de la

Majorité présidentielle réuni des atouts solides pour être choisi informateur avec toutes

les chances d'occuper le fauteuil du Premier ministre. Le Pari signale parmi ces atouts le

leadership, la technocratie, la discrétion, la moralité, l'honnêteté, l'honorabilité, etc.

(C'est un si beau prospectus pour Minaku que l'on peut supposer qu'il a fait d'autres

cadeaux que celui de sa photo. NdlR)

Au regard de la majorité confortable qu'il détient à l'Assemblée nationale, « J. Kabila prêt

à gagner le pari de la modernité », estime L'Avenir. Ce journal, note que c'est le peuple

congolais lui-même qui a largement choisi de donner une majorité confortable au chef de

l'Etat pour légitimer sa réélection et lui permettre ainsi de poursuivre avec la

reconstruction du pays.

Le Palmarès constate qu'à quatre jours de la fin du dépôt des recours en contestations

des résultats des élections législatives à la Cour suprême de justice, l'Udps n'a encore

introduit aucun recours.

La Prospérité titre: « Nouveau gouvernement, informateur: des noms circulent déjà ! ».

Ce quotidien relève qu'il s'avère que le PPRD, le parti présidentiel, demeure la première

force de la Majorité présidentielle, suivi du MSR et de beaucoup d'autres. Le PALU qui,

grâce à ses 34 élus en 2006, a dirigé cinq ans durant la primature, n'a eu que 19

Députés en 2011. Toutefois, poursuit le journal, le parti d'Antoine Gizenga entend jouer

un rôle au sein du prochain gouvernement, revendiquant le raz-de-marée de voix

obtenues par Joseph Kabila dans le Bandundu. « Depuis, la bataille a commencé », note

La Prospérité qui s'interroge : « Qui dirigera la primature ? »

Les plus courageux s'expriment déjà, à l'instar de Tryphon Kin-Kiey Mulumba qui, se

portant lui-même candidat pense qu'en principe, le Premier Ministre devra provenir soit

du Katanga, du Bandundu, du Maniema ou encore de la Province Orientale où Kabila a

été massivement élu. Certains citent Adolphe Lumanu Mulenda qui serait pressenti

informateur. D'autres encore estiment que l'heure est arrivée de récompenser les efforts

du Secrétaire général du PPRD, Evariste Boshab, qui aura été sur tous les fronts. Comme

on peut le constater, estime le quotidien, les critères seront très compliqués et parfois ne

seront pas du tout objectifs mais politiques. « Dans tous les cas, Joseph Kabila détient

jusqu'ici le dernier mot en vertu de son pouvoir discrétionnaire », conclut le journal.

Provinces

L'Observateur titre: « Nord-Kivu : des partis d'opposition demandent la réouverture de

l'assemblée provinciale ».

Le quotidien révèle que quatre partis d'opposition demandent au gouvernement congolais

de lever sans délai la décision du vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur ayant

suspendu la session extraordinaire de l'assemblée provinciale du Nord-Kivu. Ces partis

l'ont fait savoir dans un communiqué conjoint publié samedi dernier et qualifient cette

décision d'anticonstitutionnelle. Le communiqué a été signé par les responsables du Parti

libéral pour le développement (PLD), du Rassemblement congolais pour la démocratie

(RCD/ KML), de l'Engagement citoyen pour le développement (Ecidé) et de l'Union des

démocrates chrétiens fédéralistes (UDECF). Ils appellent l'assemblée provinciale du Nord-

Kivu à saisir la Cour suprême de justice (CSJ), si le pouvoir central ne lève pas cette

mesure.

"A la même occasion, le collectif des partis politiques d'opposition du Nord-Kivu fait appel

général à la population [locale] pour la signature d'une pétition collective qui traduit le

mécontentement de la population du Nord-Kivu et sa désapprobation face à la décision

du vice-Premier ministre ", a déclaré Me Jean-Paul Lumbulumbu, porte-parole de cette

coalition politique.

Les signataires de ce communiqué ont, par ailleurs, invité les responsables politiques "à

capitaliser la session ordinaire du 15 mars au Nord-Kivu pour solliciter l'invalidation du

mandat de certains députés provinciaux, qui, lors de la campagne électorale se sont

présentés sur les listes des partis politiques autres que ceux pour lesquels ils siègent au

sein de l'assemblée provinciale."

A l'initiative du vice-président de l'assemblée provinciale, cette session a été convoquée

le 18 janvier. Mais elle a été suspendue jusqu'à nouvel ordre, deux jours plus tard, par le

vice-Premier ministre Adolphe Lumanu. Le vice-Premier ministre et ministre de

l'Intérieur, Adolphe Lumanu, a suspendu, vendredi 20 janvier, les plénières à l'assemblée

provinciale du Nord-Kivu "jusqu'à nouvel ordre", suite à la démission de certains députés

de leurs formations politiques pour lesquelles ils ont été élus. Aussitôt la décision prise,

les éléments de la police ont quadrillé tôt le matin du lendemain la salle de plénières pour

empêcher aux députés d'y accéder. La session extraordinaire convoquée par le bureau de

l'assemblée provinciale ne s'est donc plus déroulée. Le rapporteur de l'assemblée

provinciale, Gilbert Kalinda, a appelé la mesure du ministre de l'Intérieur "un assassinat

et une régression de la démocratie". Pour lui, "les droits des députés au Nord-Kivu sont

banalisés et c'est très grave. Le droit fondamental de réunions semble être un droit de

seconde zone dans le pays". Par la suite, il s'est interrogé comment le ministre Adolphe

Lumanu s'était permis de s'attribuer les compétences de suspendre la tenue d'une

session extraordinaire d'un organe délibérant.

Au cours de cette session suspendue, les députés devraient examiner six matières,

notamment: le contrôle de la gestion financière de la province, l'ensemble de questions

importantes sur le social et la sécurité au Nord-Kivu. Dans sa décision adressée au

gouverneur de province, avec copie au président de l'assemblée province et à

l'inspecteur provincial de la police, Adolphe Lumanu appelait à une "exécution

immédiate". Dans son message officiel adressé au gouverneur de province, avec une

copie au président de l'assemblée provinciale ainsi qu'à l'inspecteur provincial de la Police

nationale congolaise (PNC), il a justifié sa décision par " le souci d'éviter le trouble à

l'ordre public ". Depuis, la salle de plénières de l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu est

restée quadrillée par des policiers.

Le Potentiel titre: « Minerais de sang, Kivu: capitale «mondiale» du viol ! »

Le quotidien constate que les projecteurs sont de nouveau focalisés sur la RDC ces

derniers mois. Les rapports des experts de l'ONU, auxquels il faudra désormais ajouter

des initiatives individuelles se multiplient et interpellent de plus en plus. Après avoir fait

allusion à des « alliances militaires inquiétantes» dans la partie Est, souligne le confrère,

voici que rebondit le dossier des viols. Avec cette publicité qui n'honore nullement l'Est,

pour ne pas dire le Kivu, qualifié de «capitale mondiale» du viol. « Opprobre à laver, défi

à relever pour les nouvelles institutions », conclut ce journal.

© CongoForum, le mardi 7 février 2012

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