Revue de la presse congolaise de vendredi

 

Les principaux sujets développés dans les journaux de Kinshasa sont toujours relatifs aux
élections. Cela comprend la menace de démission du pasteur Ngoy Mulunda à la tête de
la Ceni, la publication des résultats des législatives nationales, la tenue des élections
provinciales... D’autre part, des inquiétudes concernent le secteur de la santé et la
maladie mystérieuse qui décime les populations à Opala dans la Province Orientale .
Elections / CENI
(Un petit flash-back paraît ici opportun. Les premiers signes avant-coureurs du grand
psychodrame électoral remontent à juillet 2010, quand il est devenu manifeste que JKK
et ses partisans commençaient une campagne électorale unilatérale qui ne disait pas son
nom. L’épisode suivant, institutionnel, fut la publication d’un premier calendrier par la
CEI qui faisait reparaître sous les projecteurs l’abbé Malumalu. Cela fit surgir l’exigence
de mise en place, immédiate ou en tous cas à bref délai, de la CENI. Le désir de voir
l’abbé retourner à sa sacristie était alors si intense que le vote des textes créant la CENI
et sa mise en place se passèrent suivant le proverbe « A cheval donné, on ne regarde
pas la bouche ». On accepta donc une composition de la CENI – uniquement des
politiques – lourde de menaces et un président de la CENI, Ngoy Mulunda, dont on ne
peut même pas dire que pesaient sur lui des soupçons de partialité : membre fondateur
du PPRD, parent et ami de JKK, il ne donnait prise qu’à des certitudes. Tout cela
« passa » à l’abri d’une hâte suspecte. NdlR)
« Sous fortes pressions de la classe politique, Ngoy Mulunda menace de démissionner »,
titre Le Potentiel. Les opérateurs politiques croient tenir le pasteur président et son
bureau au collet, note ce journal. Chacun des 18.500 candidats à la députation nationale,
tient à figurer sur la liste des 5000 élus, poursuit Le Potentiel qui constate et en même
temps révèle que « Le pianiste est au bout de sa patience. Sa menace de démission est
à prendre au sérieux. A ce jour, l’homme paraît dépité ». Le Potentiel rapporte par
ailleurs : « Les candidats à la députation nationale, toutes tendances confondues, crient à
la «fraude massive » et à la « manipulation » des résultats. D’où selon ce journal :
« Déboussolée, la classe politique congolaise donne à penser qu’elle ne maîtrise rien.
Sans idée exacte de véritables enjeux d’un pays promis à un bel avenir ». Ce journal
soutient : « La République démocratique du Congo navigue à vue, visiblement sans
repères. Le gouvernement, réputé « démissionnaire » depuis le 20 décembre 2011, ne se
réunit pratiquement plus ». Et de dévoiler : « La Commission électorale nationale
indépendante (CENI) n’est pas en mesure de publier les résultats provisoires des
législatives à la date de son propre calendrier (13 janvier 2012) ».
Forum des As, qui évoque également ce sujet, propose à peu près le même
titre: « Ceni : Daniel Ngoy Mulunda menace de démissionner ». Le pasteur Daniel Ngoy
Mulunda est dans tous ses états, dit-il. A en croire des sources généralement bien
informées, évoque-t-il, le n°1 de la Ceni serait à bout et envisagerait de démissionner.
On ne laisse pas son bureau travailler en toute sérénité. Chose curieuse, l’avalanche des
pressions exercées sur le pasteur président de la Centrale électorale congolaise ne
provient nullement de l’Opposition, mais bel et bien du pouvoir, explique Forum des As.
Selon ce journal, Ngoy Mulunda en a ras-le-bol et souhaiterait même rendre le tablier et
regagner son église, au milieu des fidèles, que de se déployer tant pour la Nation et se
retrouver dans le collimateur de certaines pesanteurs.
(Il ne faut pas sous-estimer la différence qu’il y a entre les deux élections. La
présidentielle pouvait faire tout au plus 10 mécontents qui ne disposent d’aucune force
réelle à opposer aux moyens de répression de l’état, qui restent dans les mains de JKK.
En outre, la Majorité fait bloc contre les réclamations de l’Opposition parce que la « loi de
l’entrecôte » fait obligation à tous ses membres de défendre solidairement le Président,
garant de leurs avantages.
Au contraire, les mécontents des législatives composent à eux seuls une foule. S’ils
manifestaient tous ensemble, on les remarquerait déjà, sans qu’ils doivent rameuter leur
parentèle et leur tribu pour faire nombre. Et comme certains conflits opposent entre eux
des membres de la MP, ils sont imbriqués dans les circuits du pouvoir. NdlR)
Elections / Résultats ou annulation ?
Au sujet des résultats des législatives 2011, « La CENI se donne 72 heures ! », titre La
Prospérité qui prévient que : « Toutefois, la méfiance demeure et la vigilance de mise.
La balle est donc dans le camp de la CENI qui est appelée à respecter son ultimatum.
Sinon aller de report en report risque de prolonger un suspense qui n’aura que trop duré,
surtout pour les élus de Kinshasa ». Ce temps est nécessaire pour permettre à la
Centrale électorale de vérifier le travail abattu par ses équipes sur terrain. La plupart de
ces équipes sont déjà rentrées, selon le journal, qui cite Jacques Djoli, vice-président de
la Ceni. Ce dernier explique qu’il était important de leur donner un minimum de temps,
pour faire les synthèses de leurs conclusions.
« Modeste Bahati pour l’annulation des élections » titre Le Phare. Au fur et à mesure
que les résultats de compilation des élections législatives sont publiés par la Ceni, des
contestations ne cessent de pleuvoir dans les salles de rédaction des médias, annonce ce
journal.
« Les élections provinciales hypothétiques », pense aussi Le Phare qui note : « Au
regard du calendrier électoral élaboré en son temps par la Commission électorale
nationale indépendante (Ceni), lequel a encore cours légal, plusieurs étapes liées à
l’organisation des élections des députés provinciaux auraient dû déjà être franchies ». Le
Phare souligne par ailleurs que des milieux qui se veulent pessimistes vont jusqu’à
soutenir que la Ceni serait prêt à mettre la croix sur ces scrutins, comme c’était le cas
avec son aîné, la Commission électorale indépendante (Cei) en 2006.
Le Potentiel titre: «Crise postélectorale : l’insouciance des élites ! » Comparé aux
élections multipartites, mais opaques, de novembre 2011, même le vote par acclamation,
en vigueur sous le parti unique, n’a jamais soulevé autant de contestations. L’opinion
nationale en est comme tétanisée. Et le journal de s’interroger: « Que font les Congolais
quand, peu après les scrutins présidentiel et législatif de novembre, ils se retrouvent
avec, d’une part, un président de la République proclamé par la Ceni, puis investi par la
Cour suprême de justice. Et de l’autre, un président autoproclamé qui revendique la
victoire des urnes ? »
L’Observateur titre à la Une : « En dehors de la vérité des urnes ». Le pasteur Ngoy
Mulunda, crucifié ici et là, n’a pas d’autre recette miracle ! Le journal s’interroge : « Quel
pays sommes-nous ? Et quelle classe politique nous dirige ?» Les élections qui ont été un
travail de titan tournent petit à petit au cauchemar, soutient le quotidien. «Le pasteur
Ngoy Mulunda qui n’a pas de solutions personnelles aux gens que les électeurs n’ont pas
choisis, ne peut être placé au centre des tirs croisés entre candidats de la Majorité, et
entre ceux-ci et ceux de l’opposition», écrit encore L’Observateur.
Santé
Une maladie décime la population dans la Province Orientale. « Une maladie inconnue
aurait fait 60 morts à Opala », alerte L’Avenir, citant Radio Okapi. Elle n’a pas encore
été identifiée par le personnel médical de Yatolema, selon la société civile d’Opala,
indique ce journal. Mais, ajoute-t-elle, poursuit L’Avenir, il s’agirait d’une flambée de
l’épidémie de paludisme, compliquée par de l’anémie, selon les premiers éléments
d’enquêtes fournis par l’inspection provinciale et l’ONG Médecins sans frontières,
MSF/Belgique, qui sont descendus sur les lieux.
© CongoForum, le vendredi 20 janvier 2012

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